Le vendredi 9 janvier 2026, Jean-François Mary, Président d’Eaux & Vilaine, accompagné des élus du Bureau syndical, a présenté ses vœux lors de la traditionnelle cérémonie en présence des institutionnels et des agents.
Rétrospective de l’année 2025
À cette occasion, le Président a souligné l’engagement et la mobilisation des divers acteurs de l’eau tout au long de l’année 2025 : institutionnels, partenaires techniques et financiers, ainsi que les agents et membres d’Eaux & Vilaine.
Intervention de Jean-François Mary, Président d’Eaux & Vilaine.
Retrouvez ici l’intervention de Jean-François Mary, Président d’Eaux & Vilaine, sous forme d’interview réalisée par Aude de la Vergne, vice-présidente en charge de la communication.
Monsieur Le Président, dans quel contexte s’inscrit aujourd’hui l’action d’Eaux & Vilaine ?
Dans un contexte marqué par la perte de nos repères politiques nationaux et internationaux, la baisse des financements publics, l’accueil de nouvelles populations, des attentes citoyennes élevées et une forte mobilisation agricole, les effets du changement climatique, la vulnérabilité face aux risques d’inondation, et l’exigence de préservation de la ressource nous obligent et nous imposent d’agir avec responsabilité.
Pouvez vous évoquer la révision du SAGE Vilaine ?
Comme l’an passé, la révision du SAGE Vilaine sera toujours au cœur de nos activités. Nous abordons dès ce début d’année, l’écriture finale de ce document qui structure la politique de l’eau menée sur le Bassin de la Vilaine. Il sera important d’avoir un SAGE le plus partagé possible par tous les acteurs du Bassin. C’est un exercice difficile qui s’illustre avec son ambition d’interdire l’usage des herbicides du mais sur une partie du bassin. C’est aussi le document de planification qui doit être pris en compte dans nos projets du territoire et d’urbanisme. Il est essentiel et incontournable. Il doit être bien dosé, répondre à la problématique de l’amélioration de la qualité de nos masses d’eau et permettre la poursuite d’un développement économique, démographique et d’une agriculture raisonnée.
Quelle est, dans ce contexte, la mission d’Eaux & Vilaine ?
Eaux & Vilaine s’engage chaque jour pour une gestion équilibrée, concertée et durable de l’eau et de la biodiversité à l’échelle du bassin de la Vilaine, en veillent à :
- Renforcer l’appropriation politique et technique des enjeux de l’eau par tous ;
- Clarifier et hiérarchiser les priorités d’action ;
- Structurer et contractualiser les partenariats ;
- Sécuriser les financements par une programmation financière négociée et partagée ;
- Affirmer l’impératif de solidarité amont-aval, rural-urbain…
Quel est aujourd’hui le positionnement d’Eaux & Vilaine sur le bassin ?
Eaux & Vilaine, premier producteur d’eau potable de Bretagne, met non seulement son expertise au service de la coopération des parties prenantes, mais se renforce aussi chaque année comme premier maître d’ouvrage du bassin de la Vilaine.
L’établissement dispose pour cela d’atouts solides :
• Une expertise reconnue,
• Des élus engagés,
• Et surtout des femmes et des hommes profondément attachés à la mission qui leur est confiée.
Je salue le travail remarquable accompli en 2025, présenté par les collègues élus à l’instant et repris dans cette rétrospective vidéo.
Quel regard portez-vous sur l’année écoulée ?
Les crues de janvier ont affecté le bassin de manière contrastée selon les territoires.
Guipry-Messac a été la commune la plus fortement touchée. À Châteaubourg, l’impact a été plus limité grâce aux aménagements réalisés. Rennes et l’aval du bassin (notamment Pont-Réan) ont connu des niveaux de crue historiques. Le secteur de Redon a également été fortement impacté, en particulier Saint-Nicolas-de-Redon. À Châteaubriant, le niveau de crue a globalement été maîtrisé, en grande partie grâce aux travaux réalisés antérieurement.
Comme vous l’a présenté Sébastien Crossouard, un travail collectif est d’ores et déjà engagé afin d’identifier et de mettre en œuvre les solutions les plus adaptées.
Quels sont les grands enjeux à résoudre dans le cadre du SAGE ?
La CLE, le parlement de l’eau, présidé par Michel Demolder, à en charge la révision du SAGE Vilaine et son application au travers de ses décisions, en commission permanente en particulier pour donner ses avis…
Eaux & Vilaine est la structure porteuse du SAGE Vilaine. Nous sommes chargés d’apporter l’expertise et les moyens administratifs à la CLE. Nous avons aussi un rôle important dans le dialogue avec l’ensemble des parties prenantes du SAGE pour alerter sur les éléments essentiels :
Comment financer les actions à mettre en place
La coopération entre la CLE et Eaux & Vilaine est essentielle afin d’avoir un SAGE qui soit applicable au travers des actions que nous allons en suite mettre en place avec les accords de territoire (gestion des milieux aquatiques, pollutions diffuses et bocage…). Un PAIC (programme d’aménagement et d’intérêt commun doit nous permettre d’avoir un programme d’action lisible et financé pour atteindre les objectifs que nous assigne le SAGE Vilaine.
Comment atteindre le bon état écologique de nos masses d’eau ?
Quels sont les points d’attention essentiels pour que le SAGE soit applicable ?
Le SAGE, et je salue le travail de la CLE, est un document cadre créateur de droit et donc d’obligations qui s’imposeront à tous les acteurs (professionnel, Etat, collectivités locales et particulier.) et qui se déclineront dans de nombreux documents (urbanisme en particulier…). C’est donc un document qui doit être négocié avec l’ensemble des parties prenantes (Etat, agricoles, collectivités locales, associations environnementalistes, pêche, consommateurs…).
Le SAGE doit être finançable, en particulier la règle 1. Tous les partenaires doivent s’engager contractuellement :
- Etat et agence de l’eau
- PRPDE
- Régions et départements
Le SAGE doit s’appliquer dans un calendrier efficient, c’est-à-dire que nous devons mettre en place les règles selon notre capacité à les appliquer, parfois sur 3 à 6 ans si cela est nécessaire.
Je rappelle que, conformément à la loi, Eaux & Vilaine n’est pas directement compétente en matière de pollutions diffuses au titre de la compétence GEMA (notamment CDI et GBO). La responsabilité en la matière incombe aux producteurs d’eau potable.
J’ai ainsi proposé que tous les producteurs d’eau potable du bassin financent les études puis les mesures de mise en œuvre de la règle 1. Le dialogue avance et je pense qu’il est raisonnable de penser que nous allons trouver le bon accord dans les semaines à venir. 10 centimes d’euros par m3 permet de mobiliser 7 millions d’euros si tout le monde joue le jeu pour lutter contre les pollutions diffuses et accompagner la politique de bassin.
Le SAGE doit permettre de répondre aux défis de demain : le développement démographique, économique, agricole et écologique.
La question des zones humides doit aussi être vue avec pragmatisme et doit tenir compte des questions d’urbanisation.
Un mot pour conclure sur les femmes et les hommes qui font la force d’Eaux & Vilaine ?
En cette nouvelle année, je tenais à remercier avec chaleur et sincérité les membres du bureau, qui s’investissent depuis 6 ans au plus près des attentes et besoins de nos adhérents sur l’ensemble de nos thématiques, les membres du comité syndical et de l’ensemble de nos instances pour leur assiduité et nos échanges, francs, directs et constructifs.
Je salue également les équipes d’Eaux et Vilaine dont l’expertise et l’engagement leur ont permis d’accomplir leurs missions quotidiennes et d’être au rendez-vous d’attentes politiques fortes en 2025 – sur la GEMA : en mettant en œuvre les contrats territoriaux et en finalisant les nouveaux accords de territoire – sur la gestion des inondations en s’investissant avec professionnalisme et sens aigue du service public en janvier dernier – sur la politique de l’eau en apportant à la CLE une expertise opérationnelle garantissant l’applicabilité du SAGE – sur les ouvrages avec le lancement des travaux de l’écluse anti salinité – sur les ressources en partageant avec nos adhérents notre prospective financière.
Enfin, je remercie nos partenaires avec lesquels nous partageons une ambition élevée pour notre EPTB et nous construisons chaque jour des solutions concrètes et durables pour les territoires.
Comment se présente 2025 ?
En 2025, le plan de charge d’Eaux & Vilaine sera encore très conséquent mais dans un contexte économique complexe avec des besoins importants d’actions sur le territoire national et du bassin Loire Bretagne. Les questions autour de l’eau se posent partout notamment depuis la sécheresse de 2022 et des inondations toujours plus violentes.
Quels sont les grands défis de 2026 ?
L’année 2026 qui s’ouvre nous place face à des défis majeurs, qu’il faudra affronter.
D’abord, le défi du changement climatique : raréfaction de la ressource, sécheresses plus fréquentes, inondations plus intenses comme en janvier 2025 nous obligent à adapter nos politiques, nos ouvrages et infrastructures et nos pratiques, pour protéger à la fois nos territoires et les populations.
Ensuite, le défi du partage de l’eau. Les tensions entre les usages s’accentuent. L’eau est une ressource indispensable à la fois pour l’alimentation, l’agriculture, l’industrie, mais aussi pour l’environnement et les loisirs. Plus que jamais, le dialogue est nécessaire, mais il doit s’accompagner d’arbitrages clairs, fondés sur l’intérêt général et la préservation de la ressource à long terme.
Troisième défi, la qualité de l’eau et des milieux aquatiques. La dégradation des milieux, les pollutions diffuses ou les altérations hydromorphologiques fragilisent durablement la ressource et renchérissent les coûts pour les collectivités et les usagers. Protéger et restaurer nos cours d’eau et milieux aquatiques est essentiel pour garantir une eau de qualité et préserver la biodiversité. Cela demande des actions coordonnées et l’engagement de tous les acteurs du territoire.
Quatrième défi, le financement et la soutenabilité de l’action publique. Dans un contexte budgétaire contraint, nous devons non seulement optimiser nos moyens, mais aussi prioriser nos investissements et sécuriser nos projets sur le long terme. Il nous appartient donc d’allier rigueur financière, ambition et vision stratégique pour garantir une action publique durable et efficace, tout en affirmant plus que jamais l’impératif de solidarité amont-aval, zones rurales et urbaines
Enfin, le renouvellement à venir de la gouvernance en 2026 constitue une étape importante pour Eaux & Vilaine. Il appelle une attention particulière à la transmission des savoirs, à l’interconnaissance et à la pédagogie des enjeux de l’eau. Nous, élus et agents expérimentés, aurons un rôle essentiel auprès des nouveaux élus pour partager notre connaissance des enjeux, notre savoir-faire technique et notre culture du dialogue, véritables atouts d’Eaux & Vilaine. C’est à cette condition que nous garantirons la continuité, la cohérence et l’efficacité de l’action publique.
Je vous souhaite à toutes et à tous une très belle année 2026.
Jean-François MARY,
Président d’Eaux & Vilaine
Président de Redon Agglomération
Maire d’Allaire